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Anne Hidalgo à Paris – Le replay

Anne Hidalgo était en meeting ce dimanche 3 avril à Paris.

Retrouvez le discours de Anne Hidalgo

Seul le prononcé fait foi

 Bonjour Paris !

            Bonjour l’Ile-de-France !

            Bonjour à tous, mes amis !

Ainsi vous êtes là !

Oui, vous êtes là, fidèles, nombreux, chaleureux, sûrs de vos convictions, sûrs de vos valeurs, sûrs de notre idéal !

Vous êtes là parce que vous croyez toujours à la force des idées, parce que vous croyez au socialisme démocratique, celui qui met la liberté au service de la justice, qui est notre guide et notre idéal.

Vous êtes là parce qu’en dépit de toutes les épreuves, de toutes les difficultés, vous croyez à la brûlante espérance d’un monde meilleur, à l’ardente obligation d’un monde plus juste ! Parce que vous croyez, à la grandeur d’une France forte parce que juste !

La gauche, c’est le refus de la résignation à l’ordre des choses. C’est le rejet du destin qui nous enfermerait dans ce qui est, ou qui a toujours été, en oubliant ce qui doit être : le socialisme, c’est le refus du fatalisme.

Et puis la gauche, c’est la certitude que l’action collective est possible, c’est la foi dans la solidarité qui nous rend plus forts, c’est l’attention aux plus faibles, aux exploités, aux exclus et aux déracinés. C’est la certitude que nous dépendons les uns des autres.

Oui, je crois à la force et même à la beauté du collectif – je dis la beauté car dans une époque où l’égoïsme est flatté, l’antagonisme célébré, le communautarisme affirmé, seul le collectif donne un sens au monde et à nos vies. Être de gauche aujourd’hui c’est penser « nous », avant de dire « moi je ». C’est aussi la plus belle définition de la République.

Et c’est pourquoi la gauche, c’est la justice conquise pas à pas, la gauche, c’est le respect dû à chacune et à chacun, la gauche, c’est la liberté, défendue pied à pied en toutes circonstances, en un mot, mes amis, la gauche, c’est nous !

            Oui, la gauche qui fait du bien à la France, elle est bien là !

Elle est là avec toi Martine, qui a changé profondément et durablement la vie avec les 35h, la CMU, la loi contre les exclusions, toi Martine qui est pour moi une inspiration et une boussole montrant notre cap le plus essentiel, celui de la justice sociale et de la fidélité.

Elle est bien là, la gauche qui fait du bien à la France, avec toi Bernard, qui a su, en toutes circonstances, et dans la tourmente des attentats, apporter de la sérénité et de la fermeté pour que le pays reste uni.

Elle est bien là avec toi, Johanna, ma directrice de campagne et maire de Nantes, et avec mon équipe de France des Maires et des élus de toutes ces régions, ces départements qui innovent en conjuguant toujours justice sociale et écologie.

Merci à tous les parlementaires qui m’entourent, Patrick, David, Boris, Marie-Pierre et tant d’autres.

Merci à toutes celles et à tous ceux que j’ai rencontrés dans toute la France, de Nancy à Boulogne, de Nantes à Villeurbanne, qui sont venus par milliers dans nos meetings à Rouen, Lille, Perpignan, Aubervilliers, Bordeaux, Montpellier, Rennes, Limoges, Toulouse.

Et vous me pardonnerez un salut particulier pour mes adjoints, les maires d’arrondissement, tous ces élus et acteurs de la vie parisienne, avec qui j’œuvre pour une ville écologique, solidaire, rayonnante, démocratique et innovante. Merci à toi cher Emmanuel ! Emmanuel Grégoire, bien sûr !

Merci d’être là, merci à vous tous citoyens, militants, d’être venus nombreux pour remplir cette belle mission qui est la nôtre : changer d’avenir !

Oui, ensemble, nous pouvons changer d’avenir !

Ensemble, nous pouvons démentir ces sondages partiels et partiaux, et leurs commentateurs zélés, qui ont méprisé le débat démocratique et le travail de fond pour l’avenir du pays !

Ensemble, nous pouvons conjurer le triste sort annoncé de cette campagne qui a valorisé la vulgarité, promu la violence des mots et qui a ouvert tous les micros à la haine des autres, à l’antisémitisme, au racisme, au sexisme.

Ensemble, nous pouvons récuser ce pouvoir sortant hautain, désinvolte, autoritaire, qui est si sûr de sa victoire qu’il en refuse tout débat contradictoire.

Ensemble, nous pouvons faire barrage à la retraite amputée pour ceux qui ont travaillé le plus dur, à la menace de priver les exclus d’un revenu minimum pour vivre, à la sélection par algorithme pour les étudiants, à la condescendance ignorante pour les professeurs, à la privatisation rampante de l’école, de l’université et de l’hôpital, à l’oubli des quartiers populaires et des campagnes !

Oui, mes amis, il n’est pas trop tard !

Depuis six mois, on nous dit que c’est déjà joué. Et bien non ! Rien n’est jamais joué tant que le vote n’a pas eu lieu !

            Encore faut-il convaincre : il nous reste une semaine pour le faire, je sais compter sur vous, et soyez-en sûrs, vous pouvez compter sur moi !

Mes amis,

            Permettez-moi, puisque que nous sommes ici aujourd’hui, de vous parler de Paris. Ensemble, avec les Parisiennes et les Parisiens, nous avons relevé tant de défis et je leur dois tant !

Paris occupe une place si singulière dans la vie de notre pays.

Paris, je le dis d’ici, entre Bastille et République, c’est la ville de la Révolution, ce qui faisait dire à Victor Hugo qu’elle est « la capitale de la civilisation ».

C’est la ville qui a sonné la révolte de tous les Français déshérités et opprimés, contre les rois en 1789, pour la République universelle en 1848 et avec la Commune en 1871, et pour libérer la France en août 1944.

Paris, c’est la ville qui s’est grandie, au fil de son histoire, des Français de tous les territoires, avec leurs accents, leurs cultures, leurs savoir-faire, leur envie d’aller à la Capitale pour ouvrir d’autres possibles. Ici tous les cœurs de la France battent ! Oui, comme le disait Sacha Guitry, « être Parisien, ce n’est pas être né à Paris, c’est y renaitre »

Paris, loin des clichés, ce n’est pas le pouvoir central, mais au contraire, la ville rebelle au pouvoir central quand il était étouffant et injuste pour toute la France.

Paris, c’est la ville qui par l’action de la gauche rassemblée par les socialistes, avec des communistes et des écologistes, défend les quartiers populaires, développe le logement social et la solidarité pour les plus démunis, est à la pointe de la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique, accueille avec bienveillance les réfugiés et qui a ramené en France le drapeau des Jeux Olympiques et Paralympiques, conquis de haute lutte avec nos athlètes.

Alors je le dis aujourd’hui haut et fort : quelle fierté, quel immense bonheur d’être la maire de Paris, maire de cette ville pas tout à fait comme les autres, de cette ville qui est une langue universelle aimée reconnue et respectée partout dans le monde. J’aime associer Hugo et Césaire, ces deux grandes figures françaises qui aimaient passionnément Paris. Cet universel qu’Aimé Césaire magnifiait par ses mots : « Chez moi, il n’y a pas d’emprisonnement dans une identité. L’identité est enracinement. Mais c’est aussi passage. Passage universel. »

Evoquant Césaire, je veux penser à celui qui lui fut si proche, mon ami Serge Letchimy, Président de Martinique, dont le soutien exprimé publiquement m’honore comme il m’oblige. Je veux penser aussi aux Outre-Mers, qui comptent tant pour Paris, comme pour la France, qui portent notre avenir, et qui doivent retrouver la considération de la République.

Mes chers amis, en vous voyant cet après-midi je n’oublie pas non plus les épreuves que nous avons traversées. Je n’oublie pas qu’à quelques centaines de mètres d’ici, le 7 janvier 2015, le terrorisme islamiste a assassiné les équipes de Charlie et Ahmed Merabet, policier, puis s’en est pris à Clarissa Jean-Philippe, policière municipale, avant de s’attaquer aux personnels et aux clients de l’hyper-casher, parce que juifs. 

            Je n’oublie pas non plus que le 13 novembre 2015, aussi à quelques centaines de mètres d’ici, le même terrorisme islamiste a frappé aveuglément les consommateurs des terrasses des cafés, les spectateurs d’un concert au Bataclan. Jamais plus je ne pourrai regarder ces lieux familiers sans penser à ceux qui y ont laissé leur vie, et à leurs proches.

            Aujourd’hui, je pense à toutes les victimes du terrorisme, pour toutes ces familles endeuillées qui ont perdu un des leurs et je veux remercier à nouveau Bernard Cazeneuve et François Hollande, avec qui j’ai vécu ces heures sombres. Merci, oui, d’avoir veillé à la cohésion de notre pays alors qu’il aurait pu se fracturer. Dans nos regards qui s’échangeaient à ce moment-là, sur place, j’ai ressenti comme jamais ce que c’était que d’exercer des responsabilités et d’être liés par des valeurs communes.

            Ici, les terroristes ont voulu défier ce qu’ils détestent le plus, la liberté de créer, d’écrire et de dessiner, la laïcité, la vie cosmopolite, généreuse et bruyante de Paris. Dans ces quartiers, où cohabitent toutes les langues, toutes les cultures, tous les âges, où chacun est libre de mener la vie qu’il souhaite et de la partager avec qui il l’entend, ils ont cherché à nous interdire d’échanger, de vibrer, de s’amuser dans l’insouciance. Bref de vivre. Ce qu’ils ont voulu abattre, c’est bel et bien notre liberté.

Et je n’oublierai jamais cet immense élan de solidarité qui s’est levé, partout dans le monde, en solidarité avec Paris et la France.

Mes amis,

Cette solidarité, nous la devons aujourd’hui au peuple ukrainien qui défend sa liberté.

Oui, si la France est aimée, et soutenue quand elle est attaquée, c’est qu’elle défend partout la liberté.

Et aujourd’hui, la liberté qui est attaquée, au cœur même de l’Europe, c’est celle du peuple ukrainien, victime d’une agression inhumaine, ce peuple qui résiste héroïquement à l’invasion des chars de Poutine et aux bombardements.

Cette France doit aider de toutes ses forces les combattants de la liberté. Oui, nous devons aider le peuple ukrainien à se défendre et donc à s’armer !

Oui, nous devons organiser l’accueil de ces familles chassées de leur pays par la guerre !

Oui, nous devons renforcer encore les sanctions économiques qui peuvent affaiblir l’offensive du dictateur et le ramener à la raison et à la négociation, et donc mettre fin très rapidement aux importations de gaz. Il veut être payé en roubles, une provocation de plus, une preuve de plus que le rapport de force avec lui est le meilleur chemin de la paix en Europe ! Arrêtons tout simplement de payer ce gaz de la honte !

Et que dire quand un grand groupe comme Total défie l’Etat français et l’Union européenne ? Nous ne pouvons l’accepter, enfin ! J’agirai, je vous le dis, pour que cela cesse !

Et puis, oui, nous devons soutenir les efforts de l’Alliance atlantique, comme ceux de l’Union européenne, en faveur d’une paix qui préserve la souveraineté de l’Ukraine et la liberté de son peuple à décider de son destin européen !

C’est la vocation de la France que de lutter, avec énergie et réalisme, pour la liberté et la paix en Europe ! Cette vocation, je la porterai haut et fort, par la diplomatie, et par le maintien d’une force de dissuasion crédible !

C’est le devoir, à l’avenir, de renforcer l’Europe, d’assurer son indépendance et sa défense face aux menaces des empires agressifs. Ce devoir, je le servirai en construisant l’Europe de la Défense, mais aussi l’Europe de l’Energie et l’Europe de la Solidarité. Nous savons désormais que les guerres prospèrent sur l’épuisement des ressources vitales et le creusement des inégalités sociales.

De Léon Blum à François Mitterrand, de Jacques Delors à Lionel Jospin et François Hollande, les socialistes français ont toujours œuvré pour l’Europe, pour son indépendance et pour sa cohésion. Je revendique cet héritage et je veux poursuivre leur lutte historique !

            Mes amis,

Je ne me paie pas de mots, je sais que les temps sont durs pour la gauche. Les difficultés du moment, je suis la première à les éprouver.

J’ai l’habitude d’affronter les difficultés. Jamais rien ne m’a été donné facilement, de ma naissance en Espagne, au quartier de la Duchère à Lyon, puis dans mes études et mon travail d’inspectrice du travail pour défendre les droits des salariés.

Je sais ce que c’est, pour un responsable d’affronter des lobbys qui viennent dans votre bureau vous menacer de vous faire battre parce que vous prenez des mesures contre le diesel et que vous créez des pistes cyclables et des berges piétonnes.

Je sais les déchainements qui s’abattent sur celles et ceux, surtout celles d’ailleurs, qui se battent pour les plus démunis et pour leurs convictions, surtout quand elles ne viennent pas du monde des soi-disant sachants, issus des mêmes écoles, héritiers souvent.

Mais comme vous, je me bats parce que notre idéal mérite qu’on change le réel, comme disait le grand Jaurès, parce que nous puisons au fond de l’histoire de notre pays et de la République notre identité politique sans laquelle notre pays ne serait pas le même.

Je le dis à toutes celles et ceux qui doutent : celles et ceux qui rêvent de nous effacer de la scène politique, ils veulent en fait que la France Républicaine ne soit plus ce qu’elle était, qu’elle ne soit plus ni sociale, ni laïque, ni fraternelle !

Et bien nous, nous voulons que non seulement la République reste la République, mais nous voulons qu’elle tienne mieux sa promesse de liberté, d’égalité et de fraternité, qu’elle soit plus juste et qu’elle traque sans relâche les inégalités et les discriminations qui la minent.

            C’est la raison pour laquelle je vous parlerai sans détours, en regardant les réalités en face. A nos électeurs, au pays, je dois la vérité.

Des électeurs qui nous ont souvent fait confiance pourraient se dire  : à quoi bon voter pour un parti dont on sait d’avance qu’il sera éliminé de la course dans une semaine ? C’est à eux que je voudrais m’adresser maintenant, avec sincérité et gravité, mais aussi en amie, qui les a vus s’éloigner mais qui les estime toujours.

Vous qui nous avez soutenus par le passé, vous qui partagez, au fond, nos valeurs, je vous connais, et je vous respecte. Vous êtes comme le fils ou la fille prodigue de la parabole, vous nous avez quittés, mais vous êtes de la famille.

Vous vous dîtes : en 2017, j’ai craint un second tour Fillon-Le Pen, j’ai eu peur d’un choix forcé entre droite et extrême-droite. J’ai donc voté Macron, comme un moindre mal. Même si, pour moi, la fidélité à la gauche devait passer avant tout, je le comprends.

Et cette fois-ci, vous vous dites peut-être, pourquoi revenir vers une gauche qui, de toutes manières, passerait son tour ? Alors je vous le dis, avec mon cœur et ma raison :  parce que Macron est de droite ! C’est une réalité simple et évidente.

Son bilan parle pour lui. Et quand à son projet, qui oserait le qualifier de social ? Il a attiré à lui une grande partie de la droite et les autres, ceux qui n’iront pas chez Zemmour, ne manqueront pas de le suivre. 

Alors sentez-vous libres ! Vous n’êtes pas condamnés à choisir entre la droite et l’extrême droite ! Votez selon votre cœur et la raison de vos convictions !

Si vous avez des idées de gauche, si vous êtes soucieux de social, de justice, de solidarité, d’écologie, vous devez le savoir, Emmanuel Macron ne vous calcule même pas. Vous l’avez vu à l’œuvre pendant cinq ans !

Une fois élu, il a divisé le pays comme rarement dans son histoire. Il devait réduire l’extrême-droite, selon ses propres mots, nous n’en n’avons pas une, mais deux aujourd’hui !

Le projet Macron ne laisse aucune place à la gauche, à ses idées généreuses et modernes.

Souvenez-vous… Qui a réduit à rien l’impôt sur les grandes fortunes ? C’est lui !

 Qui a annulé les critères de pénibilité que nous avions mis en place pour les retraites ? C’est lui !

Qui a plafonné l’impôt sur les revenus du capital, éliminé les emplois aidés, plafonné les indemnités aux prud’hommes, fait chuter la construction de logements sociaux, réduit scandaleusement les allocations logements ? C’est lui !

Et aujourd’hui, qui promet, sans nulle nécessité financière, de reculer à 65 ans l’âge de la retraite ? Qui veut forcer les allocataires du RSA à travailler pour un salaire inférieur au SMIC ? Qui veut orienter vers l’apprentissage dès l’âge de 12 ans nos enfants ? Qui dit aux professeurs : si vous voulez gagner plus, il faudra vous mettre au travail comme s’ils se tournaient les pouces ? Qui a déclenché la révolte populaire la plus longue et la plus agressive depuis longtemps, qui a agité le chiffon rouge du mépris ? C’est lui !

Emmanuel Macron voulait dépasser la gauche et la droite, mais il pratique le dépassement de la droite par la droite !

Et puis, mes amis, mesurez les conséquences de ce vote, ou de votre abstention, ce qui reviendrait au même, pour notre vie démocratique !

On les connaît : une fois Macron réélu, une fois la gauche républicaine et européenne, affaiblie et minorée, resterait, face à face, une extrême-droite dangereuse et haineuse et un parti des élites dominant la vie politique et au service  d’un homme décidant, seul, avec ses amis de McKinsey, de tout, en commençant par démanteler une à une toutes les protections sociales de notre pays ! Est-ce cela que nous voulons ? Non !

C’est pourquoi je vous le dis : rejoignez votre famille d’origine, la gauche du réel et de la raison, qui reconnait ses erreurs. Donnez-lui la chance de porter les valeurs humanistes auxquelles vous adhérez. Donnez-lui la chance de se réinventer, de se reconstruire. Donnez au pays les chances de l’alternance politique. Donnez-vous la chance de revenir à l’essence même de la démocratie qui repose sur un débat loyal et rationnel entre majorité et opposition. En un mot, donnez-vous la chance de faire revivre la démocratie française, si malmenée depuis cinq ans et redonnez toute sa force au projet républicain !

Alors, mes amis, d’autres diront : dans les sondages, toujours eux ! , Jean-Luc Mélenchon est en tête. Alors votons sur la base de cette arithmétique sondagière, même si ce n’est pas notre choix spontané. Là aussi, je leur dis : mesurez les conséquences de cette décision.

Dans l’immédiat, vous voterez pour un candidat qui refuse d’aider les Ukrainiens.

Un candidat qui a déclaré que le danger en Europe centrale venait de l’ouest quand l’agression se profilait à l’est, ce qui prouve bien qu’il a perdu le nord.

Un candidat qui veut sortir de l’Alliance des démocraties alors que la menace des empires agressifs est de plus en plus grande, qui récuse les traités signés par la France et se prépare à rompre avec l’Union européenne, quand seule son unité peut assurer les coopérations nécessaires au redressement économique et sauver la paix, un candidat qui ménage Poutine et soutient Maduro.

Un candidat qui fait la leçon à la gauche au nom du « vote utile » mais qui a refusé, en 2017, de choisir entre Macron et Le Pen ! Où sont les valeurs ? Moi, je vous le dis, femme de gauche républicaine, forte cette boussole, jamais je n’hésiterai face à l’extrême droite.

Et puis, comment un candidat qui a théorisé la fin de la gauche, puis qui dans les élections locales a combattu tout le reste de la gauche, pourrait maintenant représenter un quelconque espoir pour la gauche ? Quelle ville, quel département, quelle région son mouvement a-t-il gagné avec son sectarisme ? Quelle amélioration concrète de la vie des gens peut-il revendiquer ? Aucune ! Mélenchon, c’est l’impasse !

Vous, électeur de gauche qui hésitez encore pour qui voter, ou même à aller voter, posez-vous une question : quelle est la France que vous voulez ? C’est seule question qui vaille car, dès le 10 avril, vous n’allez pas seulement élire une Présidente ou un Président, mais faire un choix de société.

Mes chers compatriotes,

Je vous propose de choisir une société où on prend soin de l’autre, une société où l’intelligence est honorée, où la conscience guide la science, où chacune et chacun, quelle que soit sa naissance a les mêmes chances de choisir sa vie.

 Une société que souvent vous faites déjà vivre autour de vous, dans vos villages, dans vos quartiers, dans vos familles, en étant solidaires et bienveillants, en tendant la main à ceux qui décrochent, en prenant soin des autres.

Cette société qui est là, en germe, quand on vous permet de révéler vos talents, de les déployer dans vos projets associatifs, culturels, professionnels.

Cette société qui est là quand vous créez, cherchez, innovez, quand vous pouvez mettre toutes vos intelligences et les technologies au service du bien-être humain.

Cette société, nous le savons, sera forte si elle est juste. Seule la justice pourra ramener dans notre pays la concorde. Car sans justice sociale, il sera impossible de mobiliser les Françaises et les Français pour faire de la France le pays qui aura su rénover son modèle social, enclencher sa mutation écologique et revitaliser sa démocratie.

Cette société qui se révèle quand vous pensez dorénavant votre vie en harmonie avec la nature.

Cette société qui est là, avec vos soifs de rencontres, de voyages, de nouveaux goûts, de nouvelles musiques, de nouvelles cultures, de nouveaux possibles, ouverte sur le monde et enrichie par le monde.

Elle est là, en vous, en nous, elle est possible pour peu que toutes les ressources humaines de générosité soient libérée des carcans du profit à tout prix. Alors oui, la première tâche que je m’assigne, c’est de libérer toutes ces énergies, tous ces talents, toute la soif de vivre qui anime notre jeunesse, qui est si souvent malheureusement bridée, étouffée, empêchée, par des conditions matérielles d’existence si dures.

Oui, voilà ma vision pour notre pays !

Oui, à une semaine de l’échéance présidentielle, à une semaine de l’échéance essentielle, je vous propose un autre avenir pour la France. Je vous propose le projet d’une République sociale, européenne, laïque, et écologiste. Je le crois de tout mon cœur : notre belle France mérite mieux ! Elle mérite de changer d’avenir !

Changer d’avenir, c’est d’abord croire en notre jeunesse et lui donner les moyens de réussir, de s’épanouir et de participer à la construction d’une société meilleure.

J’ai, depuis longtemps, fait miens les mots de Tocqueville qui disait « dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau ». C’est d’abord pour notre jeunesse que je me tiens ici devant vous ! C’est à elle que mon gouvernement consacrera sa première loi. Oui, dès mon élection, je déposerai une loi d’urgence pour l’avenir des jeunes. Cette loi ordonnera la gratuité des transports du quotidien pour les moins de 26 ans. Elle supprimera les droits d’inscription dans toutes les universités et pour toutes les formations initiales qui sont encore payantes. Elle fixera à 1 euros les repas en CROUS. Les bourses et les allocations logement seront revalorisées de 10%.

Et je le redis, oui mes amis, j’annulerai cette sélection par algorithmes qui inflige à nos jeunes l’anxiété d’une sélection impersonnelle. Oui, je supprimerai Parcoursup ! Je mettrai sur pieds, à la place, une orientation digne de ce nom, fondée sur un accompagnement personnalisé des élèves et sur le mentorat. J’augmenterai les places dans l’enseignement supérieur. Je généraliserai la possibilité de se former dans des cursus en alternance, apportant rémunération et adaptation des temps scolaires. Pour les aider à financer leurs projets professionnels et personnels, les jeunes recevront de l’Etat une donation publique de 5000€ à l’entrée dans l’âge adulte.

Les jeunes sont les plus touchés par la pauvreté et sont pourtant exclus des minima sociaux : un grand pays comme la France ne peut l’accepter. Je créerai un « minimum jeunesse » qui sera ouvert à tous les jeunes de plus de 18 ans, sous condition de ressources, comme c’est le cas dans 23 des 27 pays de l’Union européenne. Ce droit sera assorti d’un accompagnement garanti vers l’emploi, la qualification et l’autonomie.

 

Changer d’avenir, c’est affronter, dans la justice, la grande affaire du siècle, le changement climatique, comme nous le rappelle Jean Jouzel, ce grand scientifique, prix Nobel, membre du GIEC, que j’ai l’honneur d’avoir à mes côtés.  

Alors, oui j’instaurerai un impôt sur la fortune dédié à la transition énergétique, en mettant à contribution les plus nantis, qui sont aussi les premiers pollueurs.

Alors, oui je créerai un « tiers-payant » logement et un leasing social pour véhicule électrique pour que chacun puisse participer sans obstacle financier à la transition écologique.

Alors oui, je mettrai toutes mes forces pour que soit créé un tribunal international qui punira le crime d’écocide et je prendrai le flambeau de la diplomatie climatique. La France accueillera, en 2025, un nouveau sommet mondial, 10 ans après l’Accord de Paris, pour rehausser les ambitions, intégrer la biodiversité et la justice climatique.

 

Changer d’avenir, c’est augmenter d’urgence les salaires pour faire face à la hausse des prix qui ronge le pouvoir d’achat.

Je l’ai dit dès le début de ma campagne, parce que je voyais bien, partout dans mes déplacements, que de plus en plus de Français des classes moyennes n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Avec la guerre en Ukraine, c’est devenu pire.

Alors, si les Français me font confiance, dès le mois de mai, je bloquerai les prix de l’énergie, je baisserai à 5,5% la TVA qui leur est appliquée, je relèverai immédiatement le point d’indice et les retraites de 3% pour rattraper l’inflation. Je demanderai aux partenaires sociaux d’ouvrir des négociations salariales dans toutes les branches professionnelles et j’amorcerai le mouvement par une hausse du SMIC de 15%, soit 200 euros net par mois.

La revalorisation du travail, je la veux aussi morale, par le respect et la considération dus aux travailleurs, par l’extension de leurs droits dans l’entreprise, dont ils sont les chevilles ouvrières. Les salariés deviendront administrateurs à parité avec les représentants des actionnaires !

Et revaloriser le travail, c’est assurer un avenir au travail. Pour créer les emplois de demain, nous lancerons quatre odyssées industrielles dans les domaines de la santé, des énergies renouvelables, du numérique et des mobilités, nous agirons pour la relocalisation des activités sur notre sol, et nous porterons une agroécologie assurant notre souveraineté alimentaire, le renouvellement des générations et un revenu décent pour les agriculteurs.

 

Changer d’avenir, c’est protéger aussi la retraite des travailleurs.

La retraite à 65 ans d’Emmanuel Macron, c’est le sacrifice des classes populaires, et ce sacrifice, nous nous y opposons de toutes nos forces ! Oui, ceux qui souffriront de cette mesure, ce sont les salariés modestes, les femmes aux carrières discontinues, les travailleurs dont l’espérance de vie est nettement plus courte que les autres, les seniors déjà exclus de l’emploi, qui devront tous attendre trois ans de plus pour bénéficier d’une pension à taux plein. Tous ceux qui pensaient pouvoir profiter un peu de la vie, réaliser des projets qu’ils avaient toujours remis faute de temps, s’occuper de leurs petits-enfants, aider leur famille dans la difficulté.

Alors, au nom de toutes ses femmes et hommes qui n’ont pas pu profiter de leur retraite, au nom de toutes ces luttes sociales qui ont humanisé notre société, au nom des acquis du mouvement ouvrier, je dis non à la retraite à 65 ans du programme Macron !

Et je le vous le dis : nous préserverons l’âge de la retraite, ce sera 62 ans, pas une année de plus ! Et nous permettrons le départ avant, à 59, 60 ou 61 ans, pour ceux qui ont exercé des métiers pénibles, en ajoutant aux critères actuels de la pénibilité la prise en compte de l’exposition aux produits chimiques et aux vibrations, le port de charges lourdes ou encore les postures usantes et nous fixerons le minimum contributif à 1200 euros net. Et puis, comme je l’ai annoncé la semaine dernière dans l’Aude, je porterai la retraite agricole minimale à 85 % du SMIC net, je l’ouvrirai aux conjoints, c’est à dire aux agricultrices.

 

 

Changer d’avenir, c’est investir dans l’Ecole et, au premier chef, dans le travail de ses professeurs, qui sont les hussards de la République.

Ils sont les formateurs de l’esprit civique, sans lequel il n’y a pas de société unie. Je leur permettrai de développer des pédagogies ouvertes et inclusives, pour accueillir tous les enfants, y compris les enfants handicapés. Et je revaloriserai les salaires des enseignants, en commençant par les professeurs des écoles qui débuteront désormais, comme les cadres, à 2350 euros nets !

De même, le pays doit savoir que devant les menaces de tous les intégrismes, nous ferons respecter sans faiblesse les principes de notre laïcité qui est une loi de tolérance et de liberté religieuse, qui protège aussi la neutralité de l’État et l’intégrité des programmes scolaires.

 

Changer d’avenir, c’est renouer avec un grand service public de la Santé.

Malgré la pénurie et la désorganisation après 5 ans de Macron, nos soignants ont fait face à la pandémie. Ils ont été là, nos urgentistes, nos infirmières, nos aides-soignants, nos brancardiers, nos sages-femmes, nos médecins, nos réanimateurs, nos chirurgiens, nous pouvons les applaudir encore !

            Alors, j’organiserai le retour de l’hôpital au cœur du système de santé, où les gens passeront avant l’argent et donc débarrassé de la logique de l’entreprise, où les objectifs de santé et la prévention remplaceront les carcans comptables. Et, puis, je m’attaquerai enfin au scandale des déserts médicaux, les jeunes médecins en formation viendront y exercer !

 

Changer d’avenir, c’est redonner à la Culture une place centrale dans notre projet républicain.

Son rayonnement, sa capacité d’évocation, de sublimation, d’entrainement, d’utopie, de contestation, de partage d’émotions sans nul autre pareil, sont essentiels pour donner du sens à nos vies et à nos valeurs. Mon quinquennat sera ce grand rendez-vous entre la jeunesse et les artistes. La Culture n’est pas un supplément d’âme, c’est notre âme, l’âme de la France républicaine.

Je défendrai la liberté des artistes, la Création et sa diffusion, l’Art, tous les Arts, notre patrimoine, tous nos patrimoines, nos bibliothèques, notre langue française, toutes nos langues. J’agirai pour la diversité face à l’uniformisation, car l’uniformisation c’est la négation de la création artistique.

Je préserverai l’indépendance et les droits de toute la chaîne de la création, pour la juste rémunération des auteurs, des artistes, des interprètes, des écrivains, des producteurs et des diffuseurs, durement touchés par la mondialisation et la révolution du numérique. Je protègerai les principes constitutionnels de liberté, de pluralisme et d’indépendance des médias, face aux concentrations abusives et aux géants de l’internet. J’assurerai le financement autonome et pérenne du service public de l’Audiovisuel par une contribution juste et universelle.

 

Changer d’avenir, c’est instaurer enfin l’égalité entre les femmes et les hommes, pour qu’il soit mis fin à cette inégalité qui défigure notre idéal de justice, en commençant par l’égalité salariale.

C’est le droit à la sécurité avec plus de policiers sur le terrain et plus de moyens pour la justice. C’est élaborer la loi qui s’attaquera implacablement aux féminicides et violences dont les femmes sont les victimes. C’est encore lutter énergiquement contre le cyber-harcèlement qui frappe tant d’adolescentes et d’adolescents.

C’est faire leur place à nos aînés, trop souvent relégués, en dépit des services rendus à la société, dans des établissements où l’on manque de bras, réduits à une condition humiliante. C’est le droit à chacun, quand il est accablé par un mal inexorable et trop douloureux, de bénéficier de soins palliatifs accessibles en nombre suffisant et d’exercer dans l’humanité sa dernière liberté, celle de mourir dans la dignité.

C’est enfin un nouveau souffle démocratique, qui instaurera des institutions qui font plus de place au parlement comme à l’expression directe des citoyens, qui pourront désormais amender les lois ou demander l’organisation d’un référendum, ce référendum d’initiative citoyenne, ce RIC voulu par les gilets jaunes, nous le ferons !

 

            Oui, mes amis,

Nous créerons par la réforme patiente et opiniâtre, la République laïque, sociale, écologique et européenne à laquelle nous aspirons tous !

Nous mettrons en œuvre, tout de suite, dans la réalité de nos vies, les trois mots de notre devise républicaine, la liberté pour chacune et chacun, l’égalité pour chacune et chacun et la fraternité pour tous !

La France n’est pas cette petite nation anxieuse, repliée et intolérante que nous promet l’extrême-droite. Une France qui fermerait ses frontières, qui romprait avec les droits humains, qui ouvrirait la chasse aux étrangers au nom de je ne sais quelle pureté ethnique !

La France n’est pas non plus une start-up financière, dédiée à la loi de la rentabilité, à l’obsession de l’argent, au culte de la réussite matérielle, un simple chaînon dans la mondialisation du laissez-faire et du laissez-passer.

La France, c’est une idée, celle de la liberté, celle de l’égalité, la France, c’est un mouvement, un progrès humain et une conquête humaniste, c’est un message de fraternité et d’émancipation, qui résonne dans le monde. La France, c’est un engagement sans faille dans le combat du siècle contre le changement climatique.

            C’est la France de tous les travailleurs, qui ont droit à la protection et à la dignité. C’est la France des chercheurs, des intellectuels, des philosophes, des artisans, des soignants, des paysans et des professeurs, des femmes et des hommes qui ouvrent les voies de l’avenir et défendent la plus haute idée de l’humanité.

La France qu’on aime, elle est là ! La France qu’on aime, elle est dans vos convictions, elle est dans votre rêve, celui d’une société nouvelle, émancipée, que nous voulons construire pas à pas.

            Cette émancipation, c’est notre idéal, parce que c’est aussi notre héritage. Nous marchons dans les pas de nos prédécesseurs, lointains ou proches.

Car enfin, qui a créé l’école de la République, qui a établi les droits essentiels, la liberté d’association, la liberté syndicale, la liberté de la presse, la loi de 1905 sur la laïcité ? C’est nous !

Qui a instauré les congés payés en 1936, la section syndicale d’entreprise ? C’est nous !

Qui a créé les comités d’entreprise, fondé la Sécurité sociale, étendu encore les droits des travailleurs ? C’est nous !

            Qui a aboli la peine de mort, décentralisé le pays, libéré l’audiovisuel, rendu la négociation obligatoire au sein des entreprises, donné à la culture et à la création les moyens de se développer ? C’est nous !!

            Qui a créé le RMI, l’Aide médicale d’État, rendu la fiscalité plus juste avec la CSG, qui a promulgué les 35 heures, régularisé les sans-papiers, accru les moyens de l’Éducation nationale ? C’est nous !

            Qui a accru de 60 000 postes le nombre des professeurs, promulgué le mariage pour tous, obtenu l’accord de Paris sur le climat ? C’est nous !

            Mes amis,

Les grandes idées ne meurent jamais. Les grands idéaux sont indestructibles. Toujours nous avons rencontré des obstacles, subi des défaites, essuyé des revers, éprouvé des déceptions. Mais toujours nous avons continué notre chemin, constants, opiniâtres et confiants, comme nous le ferons à l’avenir, quoi qu’il arrive !

Dans les jours qui viennent, chaque voix gagnée sera un nouvel espoir pour l’avenir, chaque citoyenne, chaque citoyen que nous aurons convaincu rendra ses chances à la justice sociale et à la justice climatique.

Alors, on ne lâche rien !

Mes chers compatriotes,

Il vous reste sept jours pour décider de l’avenir de la France !

Il vous reste sept jours pour faire vivre la grande idée de la justice !

Il vous reste sept jours pour redonner espoir à notre jeunesse !

Changer nos vies : nous l’avons déjà fait, nous pouvons le refaire !

Ensemble, nous pouvons construire la nation de nos rêves !

Ensemble, nous pouvons changer d’avenir ! 

Vive la République !

Vive la France !

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