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Quatre questions à Antonio Oliveira

Dans le cadre du secrétariat fédéral à la valorisation du travail des élus, notre camarade Julien Lay a réalisé une interview avec Antonio Oliveira, adjoint aux Finances et à la Santé à Malakoff.

Élu depuis plus de vingt-cinq ans à Malakoff, Antonio Oliveira pilote deux portefeuilles qui touchent au cœur du quotidien des Malakoffiot·es : les finances locales et la santé. Secrétaire de section de Malakoff, il revient pour nous sur son action et ses convictions.

Julien : « Malakoff est l’une des rares villes du 92 à porter deux Centres Municipaux de Santé. Concrètement, qu’est-ce que ça change pour les habitants et pourquoi est-ce pour toi un combat politique ? »

Antonio : « Dans une période où la santé est au cœur des priorités des Français, celle-ci fait partie de l’adn de notre ville. Nous sommes en zone prioritaire car nous n’avons plus assez de médecins dans notre ville. 60 % de l’activité de la médecine de ville est portée par la municipalité. La contribution de la ville représente entre 650 et 750 mille euros par an alors que ce n’est pas une compétence obligatoire. »

Julien : « Préserver un haut niveau de service public avec des dotations d’État en chute libre, oblige à des arbitrages parfois difficiles, y compris sur la fiscalité locale. Comment as-tu abordé cette équation et qu’est-ce qui guide tes choix budgétaires en tant qu’élu socialiste ? »

Antonio : « Nous avons augmenté la fiscalité de 3 points sur le dernier mandat car ce mandat a été exceptionnel avec différentes crises : la Covid, la guerre en Ukraine et la hausse des fluides et il a fallu s’adapter. Mes choix sont toujours guidés par l’intérêt général et de préserver le plus faible. Ces décisions sont prises de façon collégiale compte tenu de l’importance du choix et de la sensibilité du sujet. »

Julien : « Tu portes aussi le Conseil local de santé mentale, un sujet encore largement délaissé par l’État. Quelle action concrète menée à Malakoff te semble la plus exemplaire à partager avec les militants du département ? »

Antonio : « La santé mentale est une cause nationale depuis deux ans ! Sauf que l’État ferme des lits et que la période covid a eu des conséquences graves sur un certain nombre de nos citoyens. Nous avons créé une semaine sur la santé mentale avec la diffusion d’un film et nous essayons de travailler avec les jeunes sur le sujet. Ils seront associés à cette semaine. C’est une belle réussite ! »

Julien : « Enfin, beaucoup de nos camarades viennent d’entrer dans des conseils municipaux du 92 comme élus d’opposition. Les finances sont souvent perçues comme un sujet technique, pourtant c’est un levier politique majeur. Quels conseils leur donnerais-tu pour s’emparer pleinement de la matière budgétaire et porter une voix socialiste utile dans leur assemblée ? »

Antonio : « La première chose c’est une formation obligatoire car la raréfaction des ressources nous demande de faire des choix. Il faut systématiquement évaluer nos politiques publiques et mesurer la pertinence de celles-ci via des bilans d’activités. Plus vous maitriserez votre budget et votre compte administratif et plus vous pourrez poser des questions pertinentes que vous soyez dans une opposition ou dans une majorité plurielle. »